L’Etat ouvre une commission d’enquête sur les liens entre LFI et l’islamisme

Portée par Laurent Wauquiez, la proposition avait été rejetée une première fois. Elle a finalement obtenu l’aval de la commission des lois, au terme d’un vote serré.

C’est une victoire politique significative pour Laurent Wauquiez. Ce mardi 18 juin, date hautement symbolique de l’appel du général de Gaulle, la commission des lois de l’Assemblée nationale a donné son feu vert à la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les liens entre des représentants politiques et l’islamisme. Derrière ce texte, le président du groupe « Droite républicaine » entendait cibler clairement La France insoumise (LFI), accusée par ses adversaires de compromissions idéologiques avec les mouvances islamistes radicales.

Initialement jugée irrecevable début juin, la proposition a cette fois été adoptée par 29 voix contre 27. Une inversion de tendance due à la mobilisation accrue des groupes de droite et de la majorité présidentielle.

En coulisses, les stratèges des Républicains avaient sonné la mobilisation générale. « Nous n’avons rien lâché », s’est félicité Laurent Wauquiez sur les réseaux sociaux.

Une majorité fragile mais décisive

Le précédent vote s’était soldé par une égalité : 23 voix pour, 23 contre.

Cette fois, les soutiens ont afflué, notamment du côté de Renaissance (12 présents sur 13), du MoDem (4 sur 4), mais aussi des groupes Horizons (2 sur 4), LR (6 sur 6), RN (4 sur 16) et UDR (2 sur 2).

La gauche, dans son ensemble, a voté contre.

Le groupe LIOT s’y est également opposé, au nom de la séparation des pouvoirs et de la nécessité de ne pas transformer les institutions parlementaires en outils de règlement de comptes idéologiques.

Le texte, dans sa version validée, ne mentionne pas expressément La France insoumise. Mais les intentions sont claires. « Il s’agit de faire toute la lumière sur les rapports troubles entre certains responsables politiques et les idéologies qui menacent la République », a justifié le député Vincent Jeanbrun, pressenti pour devenir rapporteur de la commission.

Rentrée sous tension en perspective

La suite de la procédure est désormais entre les mains de la conférence des présidents, qui doit inscrire la commission à l’ordre du jour de l’Assemblée. Les premières auditions sont attendues pour la rentrée, entre septembre et octobre.

Parmi les personnalités citées, le nom de l’eurodéputée Rima Hassan revient fréquemment. Certaines voix souhaitent qu’elle soit entendue dans le cadre des travaux, symbolisant à leurs yeux les ambiguïtés reprochées à la stratégie politique de LFI. À gauche, la riposte ne s’est pas fait attendre. Plusieurs élus insoumis dénoncent une « cabale politique » et évoquent une dérive liberticide.

Reste à voir si cette commission, très politisée dès sa genèse, saura faire émerger des éléments objectifs ou si elle nourrira un peu plus encore la polarisation croissante du débat politique français.

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