- Julia Monet
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L’affaire de l’expulsion d’un groupe d’enfants juifs d’un vol Vueling, survenue le 23 juillet au départ de Valence, prend un tour plus sombre à mesure que de nouveaux éléments émergent. Alors que la compagnie aérienne justifie sa décision par un « comportement perturbateur », l’identité du pilote du vol, Iván Chirivella, ancien instructeur de deux auteurs des attentats du 11 septembre 2001, jette une lumière troublante sur les circonstances.
Une expulsion qui ressemble à un acte antisémite
Le vol VY8166, opéré par la compagnie espagnole Vueling à destination de Paris-Orly, a été retardé après qu’un groupe d’environ cinquante adolescents juifs français, encadrés par un moniteur, a été prié de descendre de l’appareil. La compagnie a affirmé que plusieurs membres du groupe avaient manipulé du matériel de sécurité, notamment des masques à oxygène et des gilets de sauvetage, perturbant la démonstration de sécurité obligatoire et ignorant les instructions de l’équipage.
Cette version a été immédiatement contestée par les encadrants du groupe et par des passagers tiers. Selon eux, aucun comportement dangereux n’aurait été observé. Plusieurs témoignages évoquent au contraire des adolescents calmes, chantant en hébreu avant le décollage, ce qui aurait suffi, selon certains, à susciter l’agacement du personnel de bord.
Une pétition en cours pour demander à Vueling de présenter des excuses
L’événement a suscité l’indignation de nombreuses organisations juives et de responsables politiques, en Israël comme en France. Le ministre israélien des Diasporas, Amichai Chikli, a parlé d’un acte « d’antisémitisme évident ».
En France, le Conseil représentatif des institutions juives (CRIF) a appelé à l’ouverture d’une enquête indépendante.
En attendant une pétition a été lancée pour demander à Vueling de présenter ses excuses au groupe qui a été expulsé de l’avion.
A l’heure où nous écrivons cet article, la pétition a déjà reçu plus de 6000 signatures.
Si vous souhaitez vous aussi la signer, il suffit de vous cliquer ici.
Le pilote Iván Chirivella avait formé des terroristes du 11 Septembre
La révélation de l’identité du pilote a donné une autre dimension à l’affaire. Selon plusieurs sources concordantes, confirmées par i24NEWS et des médias américains, l’homme aux commandes de l’avion était Iván Chirivella, un pilote vétéran de Vueling, employé par la compagnie depuis 2006.
Avant de rejoindre la compagnie espagnole, Chirivella a travaillé aux États-Unis comme instructeur de vol. Entre 2000 et 2001, il a enseigné à plusieurs élèves étrangers au sein de l’école « Jones Aviation ». Deux de ses stagiaires, identifiés plus tard comme Mohamed Atta et Marwan al-Shehhi, deviendront les cerveaux opérationnels des attentats du 11 septembre, responsables notamment de l’écrasement des avions sur les tours du World Trade Center.
Interrogé par le FBI dans les semaines qui ont suivi les attaques, Chirivella n’a jamais été inculpé. Toutefois, les autorités américaines ont refusé de renouveler sa licence de vol, invoquant des zones d’ombre dans ses activités. Il a quitté les États-Unis en 2002, avant d’être recruté par Vueling quatre ans plus tard.
Dans un livre paru discrètement en 2011, intitulé Complice innocent, Chirivella relate sa rencontre avec Atta et al-Shehhi. Il y décrit des élèves « d’une agressivité rare », impolis avec le personnel féminin et à plusieurs reprises désireux de « prendre le contrôle de l’appareil » sans autorisation. Il affirme avoir alerté sa direction à l’époque, sans qu’aucune mesure ne soit prise.
Une coïncidence qui interroge…
La présence d’un pilote au passé aussi chargé à la tête d’un vol impliqué dans un incident à connotation religieuse ou communautaire a relancé les critiques à l’encontre de Vueling. Si aucune preuve ne permet à ce jour d’affirmer que les décisions du commandant de bord aient été motivées par des convictions personnelles, le contexte, conjugué à son histoire, alimente les soupçons.
Pour les avocats des familles d’enfants expulsés, le passé du pilote est un « élément central » pour comprendre la sévérité inhabituelle de la mesure prise. « Comment ne pas voir une continuité dans une trajectoire marquée par des zones d’ombre ? » s’interroge Me Léa Baruch, avocate au barreau de Paris. « Nous exigeons que les autorités françaises demandent des comptes à la compagnie. »
Du côté de Vueling, la communication reste figée sur la ligne initiale : le comportement du groupe aurait représenté un risque pour la sécurité du vol. Aucune mention n’a été faite, à ce jour, du passé du pilote.
Contactée, l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) n’a pas souhaité commenter une affaire « en cours de traitement interne par l’opérateur ». Le ministère espagnol des Transports n’a pas répondu non plus aux sollicitations de la presse. Enfin, en France, le gouvernement s’est borné à dire qu’il suivait la situation avec « une extrême attention »…


